Insertion d'un noyau dans la gonade d'une huître. Photo de GIE Perlles de Tahiti. On me demande souvent d’expliquer simplement le principe de la culture de la perle. Alors, voilà un résumé de la manipulation, afin de faire bénéficier tout le monde de cette présentation qui est peut-être longue mais au moins correcte !
Tout d’abord, balayons de suite une fausse idée : la perle ne se cultive pas en plaçant un noyau sphérique dans une huître. Vous pouvez mettre autant de noyaux sphériques dans un mollusque que vous le pouvez, il ne se produira rien. Du reste, en quantité, 95% des perles cultivées dans le monde se font sans implantation d’un noyau : les perles de moules d’eau douce de Chine !
La culture perlière, et tout son côté génial, repose sur un acte chirurgical qui est véritablement une greffe, ce qui implique un donneur et un receveur, comme on va le voir tout d’abord pour l’huître.
L’huître donneuse est une huître qu’on choisira pour la beauté de sa nacre, pour la qualité d’une perle qu’elle aura déjà donnée. Dans cette huître, on va prélever de petits fragments découpés au scalpel dans le manteau, cet organe qui produit de la nacre et qui recouvre les deux valves. On choisira ces prélèvements pas trop loin du bord, là où les cellules sont jeunes et très actives. Ces petits fragments sont désignés par le mot « greffon ». chaque greffon est ensuite implanté dans une huître porteuse, qu’on choisira pour sa taille, sa « santé » apparente. On va placer ce greffon dans l’endroit au plus profond de l’huître, là où un maximum de place va être disponible pour la croissance de la perle. Mais ces endroits sont occupés par toutes sortes d’organes. Dans une huître, on va donc choisir l’organe le moins utile pour déposer le greffon : la gonade sexuelle de l’huître. On y accède par une incision.
En théorie, cela suffit. On incise la gonade de l’huître receveuse, on y place le greffon de l’huître donneuse. En fait, le cultivateur de perles tient à obtenir si possible des perles rondes, et d’une certaines taille. On va donc induire la formation d’une grosse perle ronde en introduisant en premier dans la gonade un noyau sphérique taillé dans de la nacre et en posant à sa surface le greffon. Ce noyau n’a qu’une fonction de gain de temps et de facilitant à former une perle ronde. Les cellules du greffon vont se diviser et se multiplier et couvrir tout le noyau, formant ainsi ce qu’on appelle le « sac perlier ». Les cellules de ce sac font ce pour quoi elles sont génétiquement programmées, à savoir produire de la nacre. Et le noyau se recouvre ainsi de couches concentriques. On récolte les perles après au moins 18 mois, si on veut un recouvrement de plus de 2 mm. Une belle perle de culture (South Sea Pearls par exemple) peut avoir 8 mm de diamètre pour le noyau, et 3 à 4 millimètres de couche de nacre, soit 16 mm en tout, voire plus. Certains fermiers pressés retirent les perles après 8 mois ou douze mois, et proposent ainsi de la basse qualité. À la moindre usure le noyau apparaît !
Pour bien faire comprendre que le noyau n’est théoriquement pas nécessaire, il faut savoir que l’huître parfois le rejette (choc durant le transport et le retour en mer est la cause première). Cela n’empêche pas le greffon de donner une perle à la forme curieuse, comme un sac dégonflé. On appelle cela une perle « keshi ».
La greffe est donc bien une greffe « donneur-receveur », avec désinfection, légère anesthésie, et beaucoup de précaution. Comme pour les greffés humains, on préconise aux huîtres le repos avant et après, et on les surveille. Le taux de réussite dans une bonne ferme est de l’ordre de 75%. Quand on récolte la perle en incisant le sac perlier, on peut pratiquer ce qu’on appelle improprement une « sur-greffe » : on implante dans le sac perlier qui reste en place un nouveau noyau. Mais pas besoin de remettre un greffon, car le sac perlier qui produit la nacre est déjà en place. Ce n’est donc plus réellement une greffe!
On comprend dès lors que la qualité d’une perle est déterminée par son greffon, soigneusement choisi. On peut faire une perle dorée dans une huître blanche si le greffon a été prélevé sur une huître dorée. Le succès de la greffe dépend du choix de l’animal donneur et de la technicité du greffeur. La ferme d’Atlas Pearl, au nord de Bali, procède à un archivage génétique de toutes ses huîtres pour tenir les arbres généalogiques des huîtres produisant la meilleure nacre. C’est la ferme la plus avancée au monde pour la traçabilité génétique des qualités et la sélection en conséquence des huîtres donneuses.
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Posté par : Mrrlmqkm - Mercredi 03 Décembre 2008 à 21h30
Hello,
Posté par : Kbxtywru - Mercredi 03 Décembre 2008 à 03h25
Nice day,
Posté par : Nhvkxwjp - Mercredi 03 Décembre 2008 à 00h13
Nice day,
Camée au portrait d’Elisabeth I
Pendentif à la lettre ARevenons à cette exposition à Bruxelles. Comme je le disais, les joyaux anciens sont les plus séduisants, et, en particulier, ceux de la section Renaissance. Les organisateurs ont réussi par exemple la prouesse à réaliser deux vitrines consacrées à la reine Elisabeth I, la célèbre «Reine Vierge», dont l’extravagance vestimentaire et la richesse en joyaux est restée inégalée. À Bruxelles, on peut donc admirer le beau camée au profil de la reine conservé au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France (vers 1575-1603), mais surtout les deux bijoux de Francis Drake. Ce héros national (1543-1596), considéré comme le plus grand navigateur britannique, fut le premier Anglais à faire le tour du monde et il joua un rôle de premier plan dans la victoire d’Elisabeth I contre l’Invincible Armada des Espagnols, en 1588. Ce sujet est du reste au cœur d’un film de Shekhar Kapur qui vient de sortir sur les écrans, avec Cate Blanchett dans le rôle royal. Les deux joyaux exposés à Bruxelles, propriété des descendants de Drake, sont des médaillons qui portent tous deux, au dos, une miniature d’Elisabeth I. Le recto de l’un est orné d’un camée à double portrait, d’un homme et d’une femme, alors que le recto de l’autre est un soleil fait de rubis.
Après les vitrines élisabéthaines s’enchaînent les vitrines consacrées aux joyaux du XVIIe siècle, où le diamant enfin gagne ses lettres de noblesse. Il est omni présent, en taille pointe, en taille table, en rose, et enfin à la fin du XVIIe siècle se remarquent les premières tailles qui annoncent le brillant. Croix pendentifs, éléments de corsage, aigrettes de chapeau, le florilège nous donne à voir des pièces rares, sorties de musées confidentiels, comme le musée national de Hongrie ou le musée des arts appliqués, tous deux à Budapest. Ma préférence va au bijou de Naseby, en or émaillé avec diamants et rubis. Le décor militaire est patent, avec au centre un homme tenant un bouclier orné d’un rubis, et une épée. Carquois, flèches, tambour complètent une ornementation digne d’une agrafe de chapeau royal. Peut-être un bijou de Jacques I ? Ce prêt magnifique provient du Sir John Soane’s Museum, le plus extraordinaire « petit » musée qui puisse se voir à Londres. Amateurs de curiosités, courrez-y lors de votre prochain voyage à Londres. Il est comme son créateur, sir Soane l’a voulu : étriqué, encombré, varié comme un cabinet de curiosités. Vous passerez de ce bijou merveilleux au sarcophage du Pharaon Seti I, ni plus ni moins. Un autre voyage dans le temps, plus fou que celui très raffiné que nous propose l’exposition de Bruxelles.
Couronne reliquaire des Saintes Épines, réalisée après 1208, le chef d’œuvre du trésor de la cathédrale Saint-Aubin à Namur.
Bague de Marie de Bourgogne (Musée d’Art de Vienne), XVè.L’événement est à Bruxelles, mais on en parle peu. La désunion qui menace de casser la Belgique fait oublier l’exposition « Brillante Europe, qui célèbre, dans le cadre d’Europalia, la joaillerie des cours d’Europe sur plus de mille ans. Réunies dans la salle d’exposition de la fondation ING, au siège de cette puissante banque, les 230 pièces exposées donnent le tournis. Même si la salle est d’un ennui à mourir, avec ses murs fades, même si les vitrines sont trop monolithiques, même si de tels joyaux méritaient mieux que des socles peints au rouleau d’une vulgaire peinture anthracite, on ne peut bouder son plaisir. En effet, grâce à la puissance politique que permet le patronage d’Europalia, sorte de festival culturel trans-européen, des prêts littéralement inimaginables ont été consentis par des institutions réputées avares de leurs chefs-d’œuvre. Alors, on en prend littéralement plein la figure, en particulier pour les périodes du Moyen âge, de la Renaissance et du XVIIe siècle. Ensuite, les joyaux sont plus fréquents et leur rassemblement tient moins de la prouesse. Mais, pour les périodes plus anciennes, voir cette profusion de joaillerie est un moment unique. Servi par de courts textes de grande qualité, le parcours nous emmène vers des mondes peu connus, en particulier le pays mosan, si mal apprécié en France. Dans cette section se trouve probablement le plus bel objet de l’exposition, la couronne reliquaire des Saintes Epines, réalisée après 1208, le chef d’œuvre du trésor de la cathédrale Saint-Aubin à Namur. La photographie (détail) nous montre l’une des deux fleurs de lys portant un rectangle d’or où se cachent les reliques. Émeraudes, saphirs et rubis, tous taillés en cabochon, ou à peine facettés, sont magnifiés par un somptueux travail d’or en filigranes et grenaille. Deux rangs de perles encadrent un travail d’orfèvrerie sans pareil.
Un autre monde méconnu où nous entraîne l’exposition est celui de la cour des ducs de Bourgogne, dont le raffinement artistique se déployait en particulier à Dijon, leur capitale. La chaîne (vers 1420) de Marguerite de France, première épouse de Philippe le Bon, est une dentelle de onze rosettes portant chacune la lettre M. En argent doré, ses rehauts en émail annoncent le triomphe du joyau en or émaillé qui va se diffuser dès la fin du XVe siècle. Suivent ensuite les parchemins conservés à Bâle, présentant les joyaux de Charles le Téméraire, prélevés sur le champ de bataille de Grandson où il perdit la bataille et prit la fuite. Le plus précieux de ces joyaux était certainement les « Trois Frères », un fermail qui doit son nom aux trois spinelles de forme rectangulaires, qui entouraient ce qui était alors le plus gros diamant possédé en Europe : une grande pierre, d’au moins 30 carats, taillée en pyramide. Quatre perles complètent ce joyau hautement désirable dont les parchemins n’étaient autre qu’une publicité organisée pour leur vente, près de 30 ans après leur prise. Les parchemins furent présentés au célèbre banquier Jacob Fugger. Ils durent être convaincants, car le banquier fit l’acquisition des joyaux en 1504. Les Fugger revendirent le bijou à Henri VIII en 1543. Un portrait de Jacques I d’Angleterre nous montre le joyau en agrafe de chapeau. À l’origine, ce chef-d’œuvre fut réalisé par l’orfèvre du roi, Jean Ruissel, à Paris en 1398, pour Philippe le Hardi, arrière grand-père de Charles le Téméraire. Cette date de 1398 est une date charnière, car elle correspond, à une ou deux années près, aux premières tailles du diamant, qui auparavant se portait à l’état brut. Manifestement, le gros diamant des Trois Frères est un octaèdre dont les faces brutes ont simplement été polies. La section des ducs de Bourgogne contient aussi la fameuse bague de Marie de Bourgogne (Musée d’Art de Vienne), qu’on date souvent de 1477, et dont le M est fait de diamants facettés.
La suite de l’article au prochain billet.
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Moussaïeff Red Diamond, 5,11 ct, origine Brésil.La maison Christie’s a vendu le 15 novembre une bague ornée d’un diamant en taille octogonale de 2,26 carats, d’une couleur « pourpre-rouge ». Un diamant quasiment rouge, c’est là le Saint Graal de la gemmologie, la chose la plus rare qu’on puisse imaginer. C’est le fameux joaillier de Bond Street, Laurence Graff, qui en a fait l’acquisition, pour la somme de 1 826 809 €, très exactement, soit 808 000 € le carat, ou encore un peu plus de 4 000 000 € le gramme !
Les diamants rouges à quasiment rouges sont en effet les seules pierres qui savent vaincre des sommets himalayens aux enchères. C’est si rare. On en connaît moins de 5 qui méritent réellement le qualificatif de rouge. Le fameux Hancock Red, 0,95 carat, est l’une de ces célébrités, qui est désormais entre les mains du Sultan de Bruneï. Il fut le premier à frôler le 1 million $ le carat, le 28 avril 1987.
En 2002, j’ai eu moi-même le plaisir d’avoir dans mes mains le plus beau de tous les diamants rouges, une pierre de 5,11 carats, qui fut présentée dans l’exposition Diamants que j’ai organisée dans le palais du Quirinal à Rome. Lorsque cette pierre est arrivée à Rome, je ne l’avais pas encore vue. 5,11 carats… C’est petit ! 1 gramme ! 7 mm de plus grande dimension pour cette taille en brillant triangulaire, dite aussi « bouclier ». Mais, une fois sortie de son écrin… My God, quelle pierre ! Je l’ai placée dans un coffre vitrine au bout d’une galerie. En entrant par l’entrée opposée, on avait l’impression de voir un rayon laser de pure lumière rouge traverser toutes les écuries du Palais du Quirinal ! Cette pierre exceptionnelle, qui porte le nom de sa propriétaire, célèbre joaillière londonienne – le Moussaieff Red, provient de la mine de diamant alluvionnaire « Triangolo », au Brésil. La valeur de la pierre est estimée au bas mot à 12 millions de dollars ! Il s’agit à ce jour du plus grand diamant rouge « gradé » comme rouge par le Gemmological Institute of America.
Outre le gisement de la mine Triangolo au Brésil, les diamants roses et parfois pourpre à rouge viennent essentiellement de la mine Argyle en Australie. Entre 20 et 50 diamants intensément rose à parfois presque rouge sortent par an de cette mine. Ils sont vendus lors d’une enchère très particulière, chaque année, à l’hôtel Beau Rivage de Genève. L’événement est le très exclusif «Argyle Pink Diamond Tender» où seuls quelques élus sont appelés à participer. Chaque candidat à l’achat dispose d’un droit de vue de la sélection annuelle de diamants (46 pierres en 1997 par exemple) de deux heures maximum. S’il est intéressé, il doit mettre dans une enveloppe scellée le prix qu’il est disposé à payer pour telle ou telle pierre. La meilleure offre emporte la pierre, qui doit être payée dans les 4 jours.
Mais la rareté de la rareté, évidemment, c’est le diamant rouge qui provient d’Inde ! Là, nous touchons au mythe. Les diamants roses d’Inde sont connus, il en existe quelques dizaines, dont au moins un célèbre au Louvre, le fameux Hortensia (20,53 ct). Mais rouge… Le Raj Red (2,23 ct) est l’un d’eux, apparu sur le marché en 1988, et il a été acheté par le célèbre Ronald Winston. Il a payé la pierre une fortune, de l’ordre de 2 millions de dollars le carat ! Il tenait, il faut le dire, ce qu’on ne peut avoir qu’une fois dans sa main : un diamant rouge, ancien, qui vient d’Inde. Une goutte de sang du géant Balla lui-même, ce géant qui, selon la légende indienne, est à l’origine de tous les gisements de pierres du continent. Le diamant avait appartenu au Maharadja de Nawanagar, celui-là même qui possédait le magnifique diamant, si étrange, de couleur olive, l’Oeil du Tigre (61,5 ct). On dit que cette goutte de sang d’Inde est allée rejoindre le Hancock Red (0,95 ct) à Bruneï.
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Posté par : kuzmani kirkov - Vendredi 02 Janvier 2009 à 14h40
jesuis un trez grand amateur dediamont et piece tres rare et je suis acherter si vous avez de piece a vendre contacte moi par mail kuzmani@mail.com
Perle d'Arco Valley, 115g, la seconde plus grosse perle nacrée baroque du monde. Elle aurait été vendue à 8 millions de dollars américains à un riche citoyen des Emirats Arabes Unis.
La perle Hope, le troisième plus grande perle nacrée baroque du monde (450 carats ou 90 g).Au cours de la convention d’Abu Dhabi a été présentée la perle Arco Valley, une énorme perle dont personne n’avait entendu parler. Elle devait faire l’objet d’une vente à la fin de la première journée, vente annulée. On y reviendra… C’est au dessert, à la fin de la première soirée, que la perle a été dévoilée aux congressistes, dans son écrin baroque et doré en forme de coquille Saint Jacques. Elle est grosso modo de forme triangulaire, et mesure 7,87 cm dans la plus grande longueur, pour un poids de 575 carats (115 g). Très impressionnant. Evidemment, la salle bruissait de questions chuchotées : «mais où diable est cette vallée d’Arco ?» «En Californie» était la réponse qu’on pouvait parfois entendre. En fait, ce n’est pas le cas. La perle devrait plutôt s’appeler la perle «von Arco auf Valley», du nom d’une famille noble austro-allemande, dont on suit la trace au cours des siècles. Elle résulte de l’union de deux familles, celles des Arco et celle des Valley. La trace de la perle dans cette famille remonte jusqu’au XVIIIe siècle environ. On suit plus loin dans le temps l’activité brassicole de la famille ! Mais de là à accepter le profil historique de la perle, qui en fait un cadeau personnel de Marco Polo à l’empeur Kubilaï Kahn… c’est évidemment hors de question ! Il n’existe aucun témoignage d’époque qui puisse permettre de croire à une telle filiation, et si Marco Polo semble avoir eu connaissance de la pêche des perles en Chine, il est loin d’en avoir vu, si l’on se fonde sur son récit plus ou moins transformé connu sous le nom du «Devisement du Monde».
Votre serviteur, pour mieux vous renseigner, a évidemment tenu à voir cette perle plus en détail. Rendez-vous pris le lendemain matin, à 8 heures, une heure où les congressistes émergent à peine du brouillard persique. Une petite suite de l’hôtel, un personnage qui porte l’écrin dans un chiffon noir, pas de carte de visite, pas même un nom… mais la perle est là, je la sors de l’écrin, je la pose dans ma main… Magnifique d’un côté, sciée et polie de l’autre, avec 3 trous pour une monture. Il s’agit, comme on pouvait l’imaginer, d’une perle mabé, ou blister, qui était collée à la coquille. Evidemment, ça fait un peu tomber le soufflé, mais cela reste quand même un objet magnifique, qui aurait pu entrer dans le cabinet de curiosités de Rodolphe II ou des princes électeurs de Saxe. La perle n’est pas restée longtemps dans ma main. Vite remballée, elle est partie, aussi mystérieusement qu’elle est arrivée. La vente aux enchères annoncée a été annulée, et l’on chuchote que la famille régnante d’Abu Dhabi en a fait l’acquisition à l’amiable, au prix de 8 millions de dollars, ce qui est évidemment un prix énorme pour une perle que Marco Polo n’a jamais vue.
En songeant à cette perle quasi inconnue, j’ai repensé à la perle Hope, donnée par le Muséum de Paris où elle est exposée actuellement, comme perle d’eau douce, la plus grande perle d’eau douce du monde plus précisément. Puisqu’elle est rarement visible, autant en profiter, et je suis retourné la voir. L’éclairage ne permet pas une bonne observation, mais il est certain, en tout cas, que cette perle (450 carats ou 90 g), dont la partie basse est de teinte grise à argentée, ne puisse provenir d’une moule d’eau douce. Je me demande d’où vient cette invention du Muséum, qui ferait mieux de corriger son cartel. Deux faits prouvent le contraire. Le premier est mécanique. Il n’y a pas de mollusque d’eau douce permettant de porter une telle perle. La cavité est insuffisante. Je possède moi-même une moule de Chine, sauvage, qui a du vivre au moins 50 ans. La cavité la plus profonde ne va pas au-delà de 4 cm. Le deuxième fait concerne la nacre, qui a vraiment une «gueule» de nacre d’huître, et la couleur sombre qui termine la perle est celle d’une Pinctada margaritifera. La perle Hope, à mon sens, vient d’une telle huître, sauvage, très âgée (elles pouvaient atteindre 100 ans !) et il pourrait s’agir d’une perle mabé, là encore, dont l’attache est masquée par la monture en forme de petite couronne. On peut observer un contact avec la coquille sur l’un des côtés de la perle Hope. J’ai pu voir depuis que ces observations sont déjà consignées, avec les mêmes conclusions, dans le livre «Pearls» d’Elisabeth Strack.
Au Muséum encore, est exposée la perle d’Asie, grosse chose dont un côté est joli, comme pour Arco Valley, mais dont l’avant est caché par une création florale compliquée, portant du jade et du quartz rose. Si l’on observe bien la perle dans sa partie avant, on peut deviner que l’ajout de bijouterie permet de cacher manifestement une ancienne attache de la perle à sa coquille. Encore une perle mabé. La perle d’Asie pèse 600 carats (120 g). Sa nacre de couleur régulière permet d’imaginer que son hôte a été une Pinctada maxima.
En conclusion, on peut dire que les trois plus grandes perles nacrées baroques du monde ont la même histoire biologique, une protubérance fixée sur la coquille (qu’on appelle donc mabé) et qui se sont formées dans des Pinctada (bien loin de la Chine de Marco Polo). Seules ces huîtres, qui peuvent atteindre 40 centimètres de diamètre, sont susceptibles de porter de tels monstres. Les perles Hope et d’Asie sont la propriété d’un mécène des arts Mahdi Al Tajir, milliardaire philantropique partagé entre sa propriété de Londres et celle qu’il possède au pied du Burj Al Arab, à Dubaï. Mahdi Al Tajir est un éminent citoyen des Emirats Arabes Unis, où justement se prépare le grand Pearl Revival. Bon début, quand on pense que là sont les désormais les 3 plus grandes perles nacrées baroques du monde.
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Posté par : nikita - Lundi 03 Décembre 2007 à 08h18
Bonjour! Seriez-vous intéressé, j'ai un "monticule" de grains de perles en forme de triangle, d'environ 10cm de hauteur.Je me doute qu'une photo éclairerait mieux ma proposition, je vais essayer de la faire
La deuxième journée du colloque était essentiellement dédiée au «marketing». Tendances du marché, interventions pavées de bonnes intentions, et pour chaque intervenant, une erreur fondamentale : imaginer une campagne de presse mondiale pour la promotion de la perle de culture, à l’image de celle de De Beers, «Diamonds are forever». Une telle action dépend d’une entente professionnelle impossible à négocier. Tant de producteurs, tant de types de perles, tant de prix… à moins que la Chine mette tout le monde d’accord en devenant un producteur exclusif, par des actions prédatrices qui élimineront tous les autres !
C’est un peu ce futur-là qu’annonçait l’un des intervenants du second jour, M. He, président de la «World Pearl Association», une association qui doit son nom à son ambition hégémonique, et non pour les pays qu’elle représente. Totalement inconnue, cette «world company» semble en effet ne représenter qu’un vaste lobby chinois. Pour M. He, je cite «la perle résulte d’une intervention humaine, ce n’est donc pas une gemme naturelle». Ce qui veut dire, pour ceux qui savaient lire entre les lignes de la projection de son texte traduit… Ce n’est pas une gemme, donc laissez-nous la triturer comme nous le voulons, et ne venez pas nous agonir de reproches. Son intervention, par ailleurs très limitée, se bornait à énumérer les succès (indéniables) chinois. Puis il sortit de la poche des perles de 18 mm, parfaitement sphériques, mais pas encore d’un beau lustre. Les premières perles d’eau douce destinées à concurrencer la perle des Mers du Sud. Secousse électrique dans la salle. Les cheveux se dressent sur la tête de certains. M. He explique qu’il faut 5 ans pour faire une perle comme ça, mais ça ne lui pose pas de problèmes, vu la quantité de moules disponibles. L’objectif, précise-t-il, est d’emporter, après la perle Akoya, tout le marché des grosses perles qui leur reste encore (pour combien de temps ?) hors d’atteinte. Les questions fusent, auxquelles M. He, jouant parfaitement de l’obstacle de la langue, ne répond pas. La dernière question et sa réponse sont caractéristiques des interventions chinoises pendant ce colloque : «Ne croyez-vous pas que la Chine devrait réguler sa production et ses pratiques pour garantir un marché de la perle durable ?» Réponse «Vous êtes cordialement les bienvenus aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008», pendant que s’affichent sur l’écran les anneaux des jeux incrustés de nacres, qui se sont développés au fond d’une infortunée moule qui ne s’est certainement jamais portée volontaire pour faire de la propagande.
Donc, pour résumer, la Chine refuse d’entrer dans une politique de nettoyage de sa production de tous les traitements possibles (puisque la perle n’est pas une gemme) et refuse aussi de d’éliminer la basse qualité. Par contre, elle accepte de fausser le jeu de la concurrence puisqu’il lui paraît normal de revendiquer bientôt 100% de la production perlière. Et que Tahiti ne s’imagine pas à l’abri. Des tentatives d’implantation de la Pinctada margaritifera auraient lieu actuellement bien loin de Tahiti, dans des eaux qu’on dit chinoises…
Au cœur des interventions chinoises se pose en effet la question de la survie de la perle de culture non chinoise, qui produit des perles magnifiques. Comment résister à un cassage des prix par un nivellement de la qualité par le bas ? Comment l’acheteur réagira-t-il face à une perle d’eau douce de 15 mm de qualité moyenne à 50 $ et une perle d’Australie de 15 mm, de qualité superbe, à 1000 $ ? Un facteur 10, voire 20, dans le prix serait un coup terrible.
Les belles interventions d’un Mexicain et d’un Australien sont heureusement venues apporter du baume au cœur des perliculteurs de talent. Enrique Arismenti Castillo nous a présenté les perles de la mer de Cotez, en Basse Californie, qu’il cultive dans le cadre d’une recherche avec une unité de biologie marine d’une université locale. Son engagement – un vrai sacerdoce – lui permet de lever les obstacles terribles (climatiques, administratifs) et à produire environ 3 500 perles commercialisables par an pour le moment. Il a choisi la Pteria sterna, un mollusque fragile mais dont la nacre est superbe. Même si elles ne sont pas souvent bien rondes, les perles de la mer de Cortez sont partagées entre des couleurs claires et sombres pour moitié. Les perles sombres, avec des effets rouges et verts sur une nacre noire éclatante, sont dignes des plus belles perles de Tahiti. Cette passion folle et la lutte permanente pour survivre dans ce dur métier était presque émouvant. La crise d’El Nino de 1997 a été terrible pour l’exploitation, qui ne s’en est toujours pas entièrement remise. Allez voir le site www.perlas.com.mx où vous verrez les couleurs magnifiques de cette perle. La crise environnementale majeure qui se prépare est aussi une inquiétude exprimée par un perliculteur indépendant Australien, qui craint une élévation trop rapide des températures de la mer. Cela serait fatal aux huîtres. Mais peut-être pourra-t-on alors cultiver la Pinctada maxima en Bretagne et à Oléron ? entre le péril chinois et le péril climatique, l’avenir de la perle des Mers du Sud ne suscite pas un optimiste délirant, c’est le moins qu’on puisse dire !
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M. Tay Thye Sun, directeur du Far East Gemological Lab de Singapour, et votre serviteur se reposent des émotions du colloque dans une tente berbère.A l’initiative du Pearl Revival Committee, (voir www.pearlonline.net) créé par l’émirat d’Abu Dhabi, s’est tenue les 19 et 20 novembre la première Convention Internationale sur la Perle. L’objet de ce comité est de rebondir sur le prestigieux passé perlier du Golfe pour faire des Emirats Arabes Unis la plaque tournante du commerce de la perle, qu’elle soit fine ou de culture. Il s’agit de rééditer dans le monde de la perle le succès obtenu par le Gold Market dans ces même pays. Le comité est présidé par Khaled Al Sayegh et dirigé par le très actif Abdalla Al Muani. Ce dernier est aussi à la tête de l’unité gemmologique du Dubai Central Laboratory Department. De gros moyens ont été déployés pour organiser ce colloque, puisque tout le monde y était invité ! Quelle ne fut pas ma surprise en effet de recevoir, après ma demande d’inscription, un billet d’avion et une réservation dans un luxueux complexe d’Abu Dhabi, là où se tenait la convention : le Club des Officiers des Forces Armées. Piscine grande comme un arrondissement de Paris, buffets de qualité... Rien ne manquait pour recevoir dignement les « speakers » et le public, dont une importante délégation chinoise. Je ne vais pas détailler ici toutes les communications, d’autant plus que certaines (Elisabeth Strack, Ken Scarratt et Shigeru Akamatsu) étaient les mêmes qu’à Londres un mois auparavant. Je ne retiendrai que les grandes nouveautés.
Ainsi émerge du lot la présentation d’Emmanuel Fritsch et Stefanos Karampelas (Université de Nantes) qui ont travaillé sur l’origine de la couleur des perles. C’est le fameux problème des zoochromes, l’origine chromatique de la couleur dans le monde du vivant. On a toujours pensé que ce sont des molécules organiques de la famille des caroténoïdes qui sont à l’origine des couleurs de perles. Eh bien non, la carotte et les perles ne sont pas en famille par ce biais-là. Les couleurs des perles, dans 90 % des cas, relèvent de la présence de polyènes. Cette molécule carbonée complexe se détecte très bien en spectroscopie Raman, mais ce n’est pas à la portée de toutes les mains. On me rétorquera qu’il s’agit là de «grande science», pas vraiment utile pour le gemmologue praticien. A cette question, Emmanuel Fritsch a donné une réponse de bon sens : cette recherche, certes très sophistiquée, apporte un éclairage sur la nature de la couleur des perles. Il est possible, a-t-il ajouté, que cette connaissance puisse être acquise dans un avenir proche avec un matériel moins sophistiqué que celui utilisé pour cette recherche. On pourra disposer alors d’un diagnostic supplémentaire permettant de repérer les « bidouillages » de couleurs.
Un jeune étudiant Thaïlandais, Sutas Simbamroong, a présenté une étude purement descriptive d’une centaine de perles prises au hasard dans un sac de perles collectées il y a environ 50 ans auprès d’un ancien pêcheur de perles du Golfe. J’ai été très surpris (comme tout le monde) par leur mauvaise qualité générale, et surtout par les nombreuses perles fracturées. Celles-ci laissent alors apercevoir un gros coeur noir, témoignant d’un intense dépôt de conchyoline, mêlé à de la calcite. Les structures de croissance en oignon, régulières depuis le centre, sont celles d’une perle rare et la réalité statistique, du moins pour les perles du Golfe Persique, est toute autre et nous montre des perles dont seules les dernières couches sont faites de nacre. La plupart de celles décrites, avec un coeur littéralement « pourri », ne sont pas stables. Elles craquent, se déshydratent, et tombent finalement en miettes. J’ai ainsi noté avec surprise que des perles du Golfe Persique ont parfois un diamètre fait à 90% de calcite, et l’aragonite ne représente que les 10 derniers pourcents. Aucune des perles cassées ou sciées que nous a présentée Sutas montraient un irritant au centre, conformément aux prédictions de la théorie publiée par Elisabeth Strack (voir mon article du 29 octobre 2007).
La première journée s’est terminée par une table ronde autour de la nécessité d’harmoniser les termes et les certificats gemmologiques de la perle. Pas une mince affaire, lorsqu’on sait que la dénomination même des mollusques n’est pas la même entre Européens et Américains. Les listes de traitements, de faux, de manipulations en tout genre ne font que s’allonger. L’émergence d’un certificat unique n’est pas pour demain, en particulier tant que la Chine, qui représente désormais 90% de la perliculture mondiale en quantité, refuse la moindre règle de déontologie et se livre à des pratiques qui, littéralement, détruisent le marché de la perle. Mais là, j’anticipe sur le second jour…
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Nous sommes tous fascinés par l’Inde des maharadjahs dont les palais évoquent pour nous des siècles accumulés de trésors, éclatants de diamants de Golconde, de perles de Ceylan et de rubis de Mysore. Aussi, est-ce avec beaucoup d’attente et d’intérêt qu’on se jette sur le livre d’Amin Jaffer qui vient de paraître chez Citadelles et Mazenod. On n’est pas déçu par cette perspective cette fois-ci inversée. Les maharadjahs étaient fascinés par l’Occident, et ce livre le démontre avec brio. On n’en attendait pas moins d’Amin Jaffer, d’origine indienne, brillant jeune ex-conservateur au Victoria and Albert Museum à Londres, et qui vient de rejoindre le staff de Chrisitie’s.
On lit souvent les anecdotes de ces princes qui déboulaient chez Cartier dans les années 1900, suivis de malles pleines de pierres précieuses à remonter dans un esprit plus «moderne». C’est cette modernité-là et son attractivité qu’Amin Jaffer a chassées dans les archives des grandes maisons occidentales, et dans les palais d’Inde. Sa quête est fascinante, et l’illustration rare du livre nous comble. Le texte de cet auteur, dont la puissance de synthèse est remarquable, ne déçoit pas plus.
Evidemment, je suis au service des gemmes, et c’est donc cet angle qui m’a intéressé le plus, même si les aventures du malletier Louis Vuitton en Inde sont passionnantes. Je me suis arrêté longuement à l’exemple de la parure d’émeraudes (photo ci-contre) réalisée par Van Cleef and Arpels pour la maharani Sita Devi de Baroda en 1949. Les poires d’émeraudes suspendues à une monture de brillants et platine donnent un ensemble exceptionnel, à la mesure du goût indien pour cet «exotisme» : émeraudes parfaites de Colombie, design français ! Je me souviens avoir été convié un jour de 2003 à une mystérieuse présentation «de quelque chose d’unique» à Genève. Là, on m’a déballé cette parure, dont les boucles d’oreilles en sont la plus noble partie. J’étais estomaqué. C’est évidemment mon petit plaisir personnel que d’avoir vu des pièces uniques illustrées dans ce livre. Je pense aux bagues du maharadjah d’Indore, dessinées par Ruhlmann, et aux fameuses poires d’Indore, probablement la plus belle paire de diamants de Golconde qui soit.
La partie consacrée à Indore est certainement la plus fascinante du livre. Le prince Yeshwant Rao Holkar II s’était lié avec les plus grands créateurs de son temps : Brancusi, Man Ray, Ruhlmann, et surtout l’architecte et designer Muthesius. Les deux derniers signèrent l’une des plus grandes œuvres modernistes qui soient : le palais de Manik Bagh (1930-32). Dispersé, son mobilier a été – ce n’est pas un secret – en partie racheté depuis une dizaine d’années par un cheikh éclairé du Golfe Persique. Finalement, l’attraction princière de l’Orient pour l’Occident, que détaille brillamment ce livre, est encore d’actualité, même si cela s’est déplacé d’Inde vers le Moyen-Orient. Une leçon pour ceux qui pensent que la culture «des autres» est imperméable à la nôtre. J’ai souvent médité là-dessus, assis dans le célèbre siège rouge de Muthesius, dans la demeure de son actuel propriétaire. Un moment de calme très différent de la présentation officielle du livre dans la boutique de Louis Vuitton en face de l’église Saint Germain le 16 octobre. C’était un embouteillage people où les nouveaux princes, ceux de la finance et de l’industrie, avaient cru bon de revêtir des vêtements d’inspiration hindoue. Les vrais princes, ceux d’Inde, qui se vêtaient à l’occidentale et se faisaient peindre par Boutet de Montvel, où ceux qui commandaient à Cartier une aigrette de turban portant le diamant Œil du Tigre, m’apparaissaient bien plus «class». Au-moins avaient-ils une connaissance de notre culture et un goût souvent très sûr. J’ai vite pris la fuite pour songer, le long de la Seine, aux Man Ray inconnus que j’ai vus un jour, montrant le prince d’Indore et sa femme, amoureux l’un de l’autre et tous deux amoureux de l’Occident. Que ce livre entre dans vos bibliothèques : on s’y perd comme Alice, entre deux mondes.
Fastes occidentaux de maharadjahs par Amin Jaffer (2007).
Editions Citadelles & Mazenod. 276 pages, 350 illustrations couleur, 65€
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Je n’avais pas encore découvert le nouveau musée des Art décoratifs à Paris. C’est fait, et c’est plutôt une agréable visite. Ce n’est pas le propos ici d’en parler, sauf que j’ai eu la mauvaise idée de revoir les galeries des bijoux, refaites il y a peu. Là nous attendent en effet des œuvres qu’on suppose magnifiques, (on en sait rien car on ne les voit pas) et qu’on suppose couvrir toute l’histoire du bijou (on n’en sait rien, puisque qu’aucun cartel n’est lisible). Bref, une frustration énorme, et deux personnes qu’on devrait clouer sur l’établi d’un joaillier : l’ignoble architecte designer auteur de cette farce, et le responsable du musée qui n’a pas refusé la livraison de ce délire.
Le parti pris, c’est le noir, comme dans un écrin tapissé de velours noir. Tout est noir : les vitrines, les fonds, les supports des bijoux, le sol, le plafond. Les bijoux sont tous montés de belle manière, ce qui fait qu’ils avancent dans la vitrine, alors que l’éclairage, vertical, tombe sur les parties arrière du bijou, comme les tours de cou par exemple. Sur ces joyaux, dans cet éclairage frisant et absurde, on est incapable de reconnaître les matériaux ou les pierres. Quant à lire les cartels explicatifs, c’est rigoureusement impossible. Ils sont imprimés en gris sombre sur fond noir, et ils ne sont pas éclairés. La plus belle partie, celle qu’on attend tous, à savoir les bijoux Art nouveau, regorge certainement de chefs-d’œuvre. Mais on n’en sait rien, on les voit si mal. Comment ose-t-on seulement se moquer ainsi des créateurs et des visiteurs ?
La seconde galerie, consacrée aux bijoux contemporains, est pire encore. Les bijoux étant souvent plus amples en dimension, ils recueillent encore moins de cette odieuse lumière verticale que les pièces de la galerie historique. Cette seconde galerie s’emploie, pour chaque pièce, à rendre invisible la beauté du design. Par la grâce de l’incompétence, ces parures sont devenues les ornements de spectres morbides. On se demande comment, dans ces conditions, des marques prestigieuses osent faire des donations pour voir leurs pièces ainsi dévalorisées. Serais-je à la direction de la communication d’un donateur, j’exigerais une masse pour briser la vitrine et retirer les bijoux. La rumeur dit que certaines grandes marques ont déjà hurlé à propos de ce scandale, mais pourquoi le musée réagirait-il ? C’est un musée, et on connaît la capacité d’inertie de ce genre d’institution. Voilà donc tout ce que je puis dire sur ce trou noir où la lumière que doit exalter en temps normal un bijou est ici définitivement, irrémédiablement, absorbée. Pour moi, ces deux galeries, c’est «accès interdit, scène criminelle».
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Posté par : Dominique Biard - Lundi 28 Juillet 2008 à 22h29
Toujours aussi passionnant Mr Bari !
Je parle de tous les articles de ce blog.
Quant à celui-ci, je suis tout à fait d'accord avec toi et contente finalement de ne pas avoir de bijoux dans cette caverne.
J'aimerais bien reparler avec toi... de bijoux et de l'exposition que je prépare pour septembre
A bientôt peut-être
Dominique
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Vue sous-marine d'une ferme perlière de Jewelmer. La survie des huîtres (Pinctada maxima) dépend de la qualité de l'eau et des nutriments. |
Après la soirée glamour, Jewelmer et son patron Jacques Branellec ont abordé un sujet passionnant sur la perliculture et sont rôle dans le développement de la biodiversité. Là encore, on aurait pu croire à un faire-valoir pour justifier une aventure qui ne serait que commerciale. Eh bien non, la conférence en a surpris plus d’un et dans le bon sens. En effet, on ne se rend pas compte qu’une ferme nécessite un environnement vraiment parfait pour limiter les agressions en tout genre, vite fatales. Pour cela, seul un milieu marin diversifié permet de maintenir les huîtres en vie, une fois transférées de l’écloserie à la mer. Un vaste périmètre de protection entoure une ferme, et bien des animaux y trouvent un second souffle et la protection contre les pêcheurs à la dynamite et au cyanure qui ont tué une bonne partie des écosystèmes coralliens des Philippines. Le contraste entre les cimetières marins générés par la stupidité humaine et la vie qui règne dans la zone de protection est sidérant et enthousiasmant. De plus, Jacques Branellec révèle un point inattendu : la greffe d’un noyau dans la gonade d’une huître ne la stérilise absolument pas. Et les larves lâchées par les centaines de milliers d’huîtres des parcs fermiers finissent par se disperser sur des centaines de kilomètres et à repeupler les fonds d’où elles avaient disparu. Les paniers qui portent les huîtres dans l’eau apportent aussi une protection dont profitent un millier d’espèces sur un seul panier !
Une question qui se voulait embarrassante a été posée : «Vous avez abordé l’aspect écologique mais pas l’aspect économique. Vous êtes un marchand dans le domaine du luxe, le but final pour vous n'est-il pas le profit?». Jacques Branellec ne s’est pas laissé démonter. Il a rappelé un chose fondamentale, que j’ai personnellement observée dans d’autres fermes, dont celle d’Atlas Pearls à Bali : être fermier de perle, c’est être avant tout un passionné de la vie marine et de la biologie. Entre la décision de créer une ferme et une première vraie production, il s’écoule 5 ans minimum aujourd’hui (Atlas Pearls), et 10 ans pour Jewelmer, car ils avaient tout à inventer quand ils ont commencé. Les aléas sont énormes. Un typhon peut tout détruire en quelques heures, tout comme un excès d’eau douce dû à une forte mousson. L’huître est un animal extrêmement fragile, qui demande une attention constante. Ce n’est pas un troupeau de vaches. Enfin, la qualité de la récolte est toujours aléatoire. "Pour faire du business, a-t-il dit, de l’immobilier sur des projets de grand hôtels aux Philippines m’aurait sans doute rendu plus riche." La perle, certainement pas. Mais l’intérêt du travail est tout autre aussi, et cette interaction Homme - Nature plaît à ce gaillard qui a commencé par élever des huîtres bretonnes !
Manifestement, en tout cas, la sincérité de Jacques Branellec ne peut être contestée quand on voit qu’il a l’amitié de Philippe Bouchet, l’un des grands professeurs du Muséum, spécialisé dans la biodiversité de la région Philippines - Papouasie Nouvelle-Guinée. Ce brillant savant est sans compromission, et il soutient mordicus les bienfaits d’une ferme dans la restauration du milieu marin et comme refuge pour des milliers d’espèces ailleurs menacées. On doit le croire, son autorité est incontestable.
Ecologie et industrie aquacole peuvent donc se rencontrer, ce fut la leçon la plus réjouissante de cette conférence. Mais, prévient Jacques Branellec, pour combien de temps encore ? Si la température des océans monte encore de deux degrés Celsius de moyenne, les huîtres mourront, tant leur domaine de vie et de survie est étroit. Hors de la limite, ce sera la mort, et la fin de la perle des Mers du Sud.
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Pendentif Perle Monolithe Soleil |
Soirée people au Muséum d’histoire naturelle le mercredi 7 novembre : la perle dorée des Philippines était à l’honneur, en présence de son meilleur ambassadeur, Jacques Branellec. Ce Français d’origine bretonne est un charismatique aventurier, qui a commencé sa vie professionnelle comme pilote casse-cou entre les atolls de Polynésie. C’est là qu’il a eu l’intuition, fin des années 1960, de se lancer dans la perle de culture. On ignore souvent qu’il est le pionnier de la perle noire, avant même Robert Wan. Il part ensuite dans les Philippines, en 1979, et tente la quête de l’ultime perle, la perle dorée. Seule, une infime partie de la production de perles d’Asie du Sud-Est, issue de l’huître Pinctada maxima, est faite de perles dorées. Ces billes d’or sont au sommet de la hiérarchie des perles, et elles le méritent bien. Quand la couleur est soutenue, leur beauté est sans pareil. C’est totalement à leur gloire que Jacques Branellec et sa compagnie Jewelmer ont dédié une soirée hors du commun au Muséum à Paris.
Le bel amphithéâtre Verniquet a servi de scène à un spectacle qu’on aurait pu craindre ringard ou tout au moins classique, à l’image des ennuyeux défilés de mode qui, personnellement, me défrisent. Là, c’était tout le contraire. De gros moyens et des créateurs imaginatifs nous ont servi un ballet en six tableaux, dont trois étaient merveilleusement appropriés : la pêche de l’huître, le sac perlier (!) et le triomphe de la perle dorée. Une chorégraphie dynamique, une partition osée pour un défilé de mode, et un violoniste exceptionnel ont bluffé les spectateurs. A chaque fin de tableaux, des top-modèles philippines venaient se mêler aux danseurs et montrer des parures pour la plupart sidérantes, tant elle paraissaient faites de soleils et d’étoiles. Les premières, en perles blanches, n’étaient là que pour souligner la splendeur des perles dorées qui ont suivi. Certaines étaient évidemment des tours de force créés pour la circonstance, mais beaucoup apportaient un renouveau dans la manière de penser le bijou de perles. Ont été très applaudis les sautoirs, les ceintures de perles prolongées d’une cascade de perles qui s’écoulait le long de la robe, des broches à cheveux et des colliers composés de nacre et perles, très amples. La soirée s’est prolongée à la Grande Galerie de l’Evolution, où un orchestre philippin très jazzy semblait réveiller la procession des animaux naturalisés.
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Tourmaline (noire) et cristal d’aigue-marine du Pakistan, longueur de la pièce : 10 cm environ. |
Je rentre de mon petit week-end à Munich, où se déroule début novembre la foire aux minéraux et pierres précieuses la plus importante après celle de Tucson en Arizona. Que dire ? Que c’est bien d’une foire qu’il s’agit, où les papillons, les coquillages et même des sculptures de bois envahissent les stands, dont de nombreuses dizaines emporteraient haut la main ex-aequo le premier prix du mauvais goût ! Il reste quand même des minéraux à voir, en particulier dans le hall des exposants vedettes et dans l’exposition de prestige qui, cette année, couvrait les gemmes d’Afghanistan et du Pakistan. Là, on pouvait être bluffé. Les extraordinaires aigues-marines, morganites, tourmalines et grenats ont fait saliver les plus grands collectionneurs. Pour bien des visiteurs ébaudis, il s’agit de pièces inaccessibles, qui se négocient souvent à plusieurs centaines de milliers d’euros. L’une des pièces, montrée en photographie, est l’un des plus beaux minéraux qui soient. Courtisé par des milliardaires et même des cheikhs, le vendeur nous a confié, d’une moue gourmande, «je ne vends de toute façon pas cette pièce-là. Comment puis-je espérer en trouver une autre de cette beauté» ? Une habile manière de dire que les offres doivent encore sérieusement monter ? Si l’on sait faire le tri entre les horreurs et les belles choses, ce qui demande deux jours entiers à sillonner les stands, on peut quand même faire ses affaires. C’est le cas en particulier pour les gemmes taillées qui restent, dans ce genre de manifestations, très en dessous des prix pratiqués par des courtiers en pierres précieuses. Même les diamants peuvent se trouver à 50% du prix d’une pierre achetée par un particulier à Anvers !
Ce qui m’a frappé aussi est l’abondance des stands asiatiques, où d’innombrables perles sont proposées. Leur qualité est littéralement horrible. Elles ne valent pas même le prix du fil et du sachet en plastique pour les emballer. Le problème de la surproduction chinoise et de la qualité affreuse de ce qui est proposé éclate au grand jour dans une foire comme celle de Munich. Comment ne pas comprendre, même avec une vue de 1/10e, que ces perles sont à peine dignes d’être des gravillons à béton ? Les cerclages systématiques, le mauvais éclat, les formes affreuses, les couleurs artificielles, tout est réuni pour décourager la plus bête des moules à contribuer à les produire !
Le grand public, mal éduqué, est pourtant là, qui achète, et pas seulement des perles qui devraient être rejetées, mais aussi des pierres pour se soigner de toutes les maladies du monde, de l’acnée à la leucémie. Les stands où se pressent les amateurs de minéralothérapie sont dévalisés, pendant qu’un démonstrateur, un quartz entre deux doigts, fait une démonstration de soin sur une volontaire allongée sur une table de massage «et maintenant, j’approche ma main du front de ma patiente, doucement, je laisse la pierre agir». Heureusement, à cinq mètres de là, un stand de bière pression permet d’oublier cette forme de soins «New Age» et de se réfugier dans un ultime espoir : que l’achat d’un sac de cailloux ne soit pas bientôt remboursé par la sécurité sociale.
Alors, Munich et sa foire aux minéraux ? Il faut y aller bien sûr, pour ses beaux minéraux et ses fossiles, pour ses expositions spéciales, mais en sachant qu’il en est de cette foire comme d’un litre de lait : la couche de crème est toujours très fine. Si toutefois, on en a pas pour son compte, on peut toujours aller voir le merveilleux musée des antiquités grecques et romaines, la Glyptothèque, bien moins connue que la Pinacothèque des Anciens.
Pour ceux qui s’intéressent en France à ce type de foires, il ne faut pas manquer la plus grande d’entre elles à Sainte Marie-aux-Mines en Alsace, du 27 au 29 juin 2008.
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Posté par : CEDOLIN Sylvain - Dimanche 06 Janvier 2008 à 22h22
oui... mais il y a aussi des fossiles; sans oublier cette très belle exposition du Musée de Vérone sur les poissons fossiles du Monte-Bolca, qui valait vraiment le détour!
c'est vrai qu'on trouvait aussi sur les stands des échantillons affreux...
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Affiche de l'exposition "Perles, une histoire naturelle" |
Voilà une exposition attendue, envisagée par le Muséum national d’histoire naturelle dès 2002. Cette exposition a été originellement produite par le Natural History Museum de New York et le Field Museum de Chicago, ville où je l’avais vue pour la première fois. Le Muséum annonce qu’elle a été adaptée spécialement pour sa présentation à Paris.
En fait, cette adaptation, je la cherche vainement tout au long des 600 m2 de présentation. Je n’y ai perçu aucun changement notable. Par exemple, une demi-section est consacrée à la fabrication des boutons de nacre aux USA, alors qu’on aurait pu valoriser cette grande industrie qui occupa des milliers d’ouvriers à Méru, dans l’Oise jusqu’en 1970. Un musée magnifique sur la nacre y mérite le détour, on y reviendra un jour sur ce blog. L’autre manque regrettable est l’absence de la perle de la Vologne (sauf une mention dans un texte), et l’absence de toute présentation des travaux français sur l’explication de la formation de la perle, dont ceux de Réaumur. On peut regretter aussi que l’explication la plus récente sur la formation de la perle, qui ne résulterait pas d’une réaction contre un intrus, n’a pas été présentée. Pourtant, cette découverte a été publiée depuis plus d’une année par Elisabeth Strack, une des grandes spécialistes mondiales de la perle (voir mon article du 29 octobre 2007, «Colloque sur les perles à Londres - Une véritable révolution»).
Certains peuvent rétorquer qu’il y a bien eu deux sections ajoutées, l’une à l’entrée et l’autre à la sortie, sur le sujet de la bio-minéralisation. La première explique l’apparition du squelette dans l’histoire de l’évolution en zoologie, pour faire comprendre la formation des «squelettes» externes que sont les coquillages. La dernière section présente la nacre comme un potentiel moyen de réparation osseuse. Cela me paraît un peu loin du sujet sur la perle.
La partie consacrée à la perle de culture aurait aussi mérité une adaptation. Ainsi, la perle de Tahiti, n’est qu’une parmi les autres perles de culture, alors qu’on aurait pu s’attendre à une section spéciale. L’actualisation économique fait également défaut : depuis la création de cette exposition en 2002, la situation de la perliculture a beaucoup changé, avec la domination chinoise (environ 3000 tonnes !) et l’effondrement de la production Japonaise. En conséquence, seule la greffe avec noyau implanté est présentée, alors que pas loin de 80% des perles de culture sont cultivées sans noyau. Cette technique de greffe qui concerne les moules d’eau douce chinoises n’est pas mentionnée dans l’exposition.
Le propos explicatif général est absent, loin des attentes éducatives que le Muséum se doit de remplir. Il n’y a pas réellement de parcours dans l’exposition, et ce ne sont pas les quelques textes généraux qui pourraient éclairer les visiteurs. A cela s’ajoute la disposition confuse des légendes des objets, qu’on a du mal à relier aux oeuvres exposées.
Il reste toutefois des objets magnifiques. Le gros coup a été l’emprunt de la perle Hope, la plus grosse perle d’eau douce connue, qui pèse, selon l’étiquette, 1 800 grains. Mais qui diable connaît parmi les visiteurs la valeur d’un grain ? Un grain, vieille et désuète unité de poids pour les perles fait 0,05 gramme. La perle Hope pèse donc 90 grammes. La vitrine des perles du coquillage Melo est absolument saisissante. Les 21 perles orange, dont certaines dépassent 3 cm, me laissent toujours pantois, même si je connais cette collection genevoise depuis des années. Hélas, tous ces beaux objets sont mal éclairés ! La grande vitrine sur la famille des mollusques, où apparaît une perle magnifique de la conque chevaline de Floride, est rétro-éclairée, ce qui fait qu’on ne voit aucune des perles, autrement qu’en ombre. La plupart des bijoux et perles sont posées sur un fond noir, ce qui, additionné à un éclairage trop faible, nuit à l’appréciation des oeuvres. Ce n’est pas pour rien que les nuances et l’orient subtil des perles s’apprécient, chez les négociants, sur un fond blanc.
Au final, une exposition plus contemplative qu’explicative qu’on peut aller voir pour le beau rassemblement de perles rares ou historiques et des belles pièces de joaillerie.
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Migration des cellules épithéliales responsables de la formation de la matière coquillière dans le manteau, au niveau du tissu contre les viscères (étape 1), multiplication des cellules épithéliales (étape 2) et formation du sac perlier (étape 3), croissance concentrique de la perle à l'intérieur du sac perlier (étape 4). |
Les grands spécialistes des perles étaient en conclave dimanche 28 octobre à Londres. On y voyait Elisabeth Strack, l’Allemande, Henry Hänni le Suisse, Kenneth Scarratt le Thaïlandais d’adoption, et votre serviteur, pour la France. Madame Strack a présenté une communication très novatrice sur l’étude des perles en imagerie médicale tomographique (ce qu’on appelle le scanner). Les images de l’intérieur des perles sont sidérantes, souvent bien supérieures au traditionnel cliché aux rayons X. Enfin, elle a précisé sa conception du phénomène de la perle et de sa formation. Une idée révolutionnaire, qui a été débattue, et qui s’annonce comme étant la théorie qui colle le mieux aux faits. Nous en reparlerons. Kenneth Scarratt, qui dirige le laboratoire du Gemmological Institute of America à Bangkok, a présenté une communication sur les perles rares, dont les trois quarts sont issues d’une collection que j’ai moi-même assemblée pour un musée privé. Un grand remous a agité la salle lors de la présentation d’un trésor dont je suis très fier : la perle d’un nautile, première perle connue d’un céphalopode ! Quant au Suisse Henry Hänni, il a fait un résumé magistral sur les deux grands principes de la culture de la perle et comment se comprennent les bases biologiques de cette étrange collaboration Homme-Coquillage.
Revenons toutefois à la communication de Madame Strack, qui reprend et approfondit l’idée développée dans son livre magistral PEARLS, Rülhe-Diebener Verlag, Stuttgart, 2006. LA PERLE NE SE FORME PAS AUTOUR D’UN IRRITANT !
Voilà une idée révolutionnaire, qui depuis quelque temps déjà, émerge des neurones de la communauté scientifique dévouée aux perles. Elle repose sur un fait de base, que nous a communiqué Ken Scarratt. En effet, Ken est probablement l’homme au monde qui a le plus regardé de radiographies de perles naturelles (dites aussi perles fines). Plus de 2 millions de clichés aux rayons X ! Sur ces deux millions de clichés, il n’a trouvé que 20 perles où il existe un intrus reconnaissable : 2 coquillages, des débris de coquilles et des fragments de corail. Soit… 1/10 000 ème des perles libres fines observées. On peut difficilement dire, avec une telle statistique, que la théorie de l’irritant est la bonne. Qu’y a-t-il dans les autres 1 999 980 radiographies ? Rien ! ou, au mieux, une trace sombre qui serait le premier dépôt de conchyoline au tout début de la formation de la perle.
Pour Madame Strack, la perle se forme par une migration de cellules du manteau responsables de la formation de la matière coquillière (de la nacre dans le cas des mollusques nacriers). Quelques bases pour comprendre : le manteau des mollusques est l’organe qui a deux fonctions : produire la coquille et envelopper les viscères. Pour cela, il est composé de deux couches superposées. La couche extérieure faite d’un tissu épithélial (tissu contre le coquillage) et la couche intérieure faite d’un tissu conjonctif (tisse contre la matière viscérale). Pour qu’une perle se forme, il faut que des cellules épithéliales, programmées génétiquement pour faire de la coquille, soient transférées dans la partie supérieure de manteau. Là, les cellules épithéliales se multiplient, forment une sorte de kyste, et font ce pour quoi elles sont programmées : de la matière coquillière (de la nacre pour les perles nacrées) ! Donc, sans un seul intrus, la perle se forme au coeur de ce kyste.
Il reste à trouver comment ces cellules peuvent passer de leur couche d’origine dans le manteau à une autre. C’est là, vraisemblablement, le résultat d’accidents dans la vie du coquillage. Par exemple, une éponge perforatrice perce le coquillage et sème le désordre dans le manteau quant elle atteint ce dernier. Ou encore, un petit animal qui mordille le manteau peut déplacer des cellules épithéliales. Un choc ou une rétraction brutale du manteau peut être aussi une explication. Il suffit qu’une seule cellule migre pour que le processus puisse se lancer ! Cette théorie est à ce jour la seule qui s’accorde à toutes les observations, dont l’absence d’ «intrus» dans, on l’a vu, 99,99 % des perles !
Ainsi donc, la perle ne se forme pas autour d’un intrus, ou alors, c’est parce que cet intrus a emporté, en pénétrant dans la coquille, quelques cellules épithéliales. La perle résulte d’un transfert de cellules épithéliales, migration cellulaire pour laquelle un intrus n’est pas nécessaire.
Il y a de la révolution dans l’air…Déjà qu’on n’arrive pas à sortir de la tête des gens l’idée du grain de sable, comment fera-t-on pour sortir de la tête l’idée même de l’intrus et de l’irritant ? Cela va demander un sérieux travail de communication… que ce blog est heureux de commencer.
Par contre, il faut noter que la plupart des perles dites «blister» ou «mabé», qui se forment sur la surface de la coquille, résultent bien souvent d’une réaction du tissu épithélial à la présence d’une agression extérieure. Là, on trouve, en radiographiant ces perles, toutes sortes de bêtes : un poisson, des crabes, récemment une dizaine de vers sur une seule coquille, des crevettes, et surtout des réparations de percement de coquilles. L’explication révolutionnaire de la formation de la perle exprimée ci-dessus ne concerne que les perles «libres», qui n’adhèrent pas à la coquille.
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Coquillages, de la parure aux arts décoratifs |
Ce livre est une perle sur l’usage des coquillages. Voici un sujet d’ampleur, toujours mal traité et maltraité, qui révèle la constance de l’usage des mollusques dans les arts et la parure.
Volontairement, le livre se cantonne aux seuls coquillages et laisse de côté la perle, qui est un sujet tout autre. En effet, on ne connaît pas de bijoux ethniques à perles en Nouvelle Guinée, en Indonésie, aux Philippines, pas plus qu’en Polynésie française, et en général dans tout le Pacifique. Par contre, ce qui est commun à toutes ces cultures qui manifestaient une indifférence totale pour la perle, c’était leur passion pour la matière coquillière, en particulier la nacre. Les ornements faits de coquillages, travaillés ou non, sont innombrables et le coquillage y reste encore très apprécié de nos jours. Le coquillage était précieux, et souvent travaillé pour en tirer des objets qui servaient de monnaie. Cela est tout spécialement spectaculaire dans les îles Salomon, à l’est de la Papouasie Nouvelle Guinée. Le livre détaille ainsi cet usage « ethnique » du coquillage, puis approfondit le sujet, de chapitre en chapitre, pour nous faire découvrir une passion universelle, qui concerne toute l’humanité et à tous ses âges : la passion pour les formes de coquillage et leur matière.
Le livre brille par la qualité sobre du texte et sa très grande clarté, servi par une traduction impeccable. Enfin, le travail iconographique est exemplaire, car il nous offre un panorama photographique totalement renouvelé, avec de nombreux documents ou parures inédites. On est conquis par les bijoux ethniques et par les photographies des personnages qui les portent. On découvre stupéfait l’incursion de l’histoire naturelle dans tous les arts et on est admiratif devant l’inventivité d’innombrables créateurs qui ont détourné les formes des coquillages au service de leur imagination débordante. Un portrait, école napolitaine du XVIIe siècle, nous montre un austère personnage italien portant un collier invraisemblable de coquillages européens, pendant des plus belles parures papoues ! En fin d’ouvrage, un glossaire illustré, absolument parfait, rappelle tous les coquillages utilisés dans l’art, en donnant leur nom commun et leur nom scientifique.
Ce livre est une obligation sur les étagères de tout passionné d’histoire naturelle, de tout historien de l’art et simplement de tout curieux du fonctionnement de l’esprit humain, qui, séduit par la nature, peut la transfigurer en oeuvres extraordinaires.
Coquillages, de la parure aux arts décoratifs,
Par ingrid Thomas, traduit par Marc Phéline
Editions Citadelles & Mazenod, 2007
65 euros
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Vue du haut : Couronne de perles faites de corail, agate, cuivre, 15 cm. |
Le Musée du Quai Branly, s’il divise par son agencement intérieur, ne peut que séduire par le dynamisme de ses expositions temporaires. Après l’extraordinaire "Art de Nouvelle Irlande", voici une véritable exposition coup de poing : "Bénin, cinq siècles d’art royal". Assemblés certainement pour la dernière fois du vivant de tous les visiteurs, la contemplation des bronzes du royaume du Bénin, qui couvrent une période allant du XVe sècle au XIXe siècle, est littéralement à couper le souffle. On découvre à Branly un art d’une extrême sophistication esthétique, et d’une prouesse technique qui rivalise avec l’art des bronziers de la Renaissance Italienne, inventivité des formes en plus. Le choc est garanti !
Mais ce qui m’amène ici, ce n’est pas l’art du bronze, qui constitue l’essentiel de cette exposition magistrale, mais un aspect méconnu de l’art du Bénin : l’usage du corail. Plus d’une dizaine d’oeuvres exceptionnelles révèlent l’intensité des échanges organisés par les caboteurs européens, permettant de livrer sur les côtes africaines le corail de Méditerranée. Cette gemme, appréciée pour sa couleur rouge-orangé, restait toutefois rare et exclusivement destinée au roi (l’Oba). C’est un emblème royal.
Le corail est associé généralement à des gemmes locales, de l’agate rouge ou du jaspe rouge. L’exposition présente ainsi une chemise somptueuse faite de perles allongées de corail et agate, d’un agencement équivalent aux résilles de perles en faïence bleue qui recouvraient les momies de l’ancienne Egypte. Les autres pièces exposées, toutes magnifiques, présentent cette technique mixte au service de la construction sophistiquée d’une couronne, d’un chasse-mouche ou d’un fourreau d’épée. Après la tragique expédition punitive anglaise de 1897, et le sac des palais de Bénin, le roi, l’Oba, s’est présenté aux colonisateurs dans sa parure royale couverte littéralement de corail. Il portait une perle en pendentif de jaspe rouge, de 9,5 cm de long, également exposée Quai de Branly.
La symbolique de puissance évoquée par le corail, le jaspe et l’agate, tous rouges, est évidente, dans cette monarchie guerrière et conquérante, où les sacrifices humains se pratiquaient volontiers. La couleur de sang de ces gemmes ne pouvait que symboliser le pouvoir du roi sur la justice et la guerre.
Ces pièces sont décrites dans le somptueux catalogue de l’exposition, qui détaille le tragique destin de Bénin City et des oeuvres d’art que contenait cette capitale stupéfiante. On regrette que l’exposition ne traite pas �" ne mentionne même pas �" l’ignoble expédition anglaise qui signe en 1897 la fin d’un des plus extraordinaires royaumes que la planète ait connus.
Exposition "Bénin : cinq siècles d’art royal"
Musée du quai Branly
Dates : du mardi 2 octobre 2007 au dimanche 6 janvier 2008
Horaires : mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h ; jeudi, vendredi et samedi de 11h à 21h.
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Posté par : Ovararmogeogy - Mercredi 17 Décembre 2008 à 02h04
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Cette photographie montre une série exceptionnelle de perles non nacrées de divers coquillages : le lambi (Strombus gigas) pour les perles roses, la perle brune de la conque chevaline (Pleuroploca gigantea) et les perles crème et orange du Melo melo, rare coquillage des mers chaudes de l’Asie du sud-est. Photographie de Tino Hammid publiée dans le livre "la perle rose", David Federman et Hubert Bari, éditions Skira, 2007. |
On lit souvent n’importe quoi sur la perle, et même sa définition varie d’un auteur à l’autre. Pourtant, les choses devraient être simples, dans la mesure où l’on parle d’un phénomène de bio-minéralisation parfaitement cerné, mais dont le mécanisme n'est toujours pas parfaitement compris ! J’ai eu l’occasion de rencontrer récemment le scientifique «leader» dans le monde de la perle, Kenneth Scarratt. Il préside le laboratoire de la filiale de Bangkok du Gemmological Insitute of America (GIA). Nous nous sommes mis d’accord sur ce qui pourrait être la meilleure définition de la perle :
« Une perle est une concrétion composée de carbonate de calcium, d'un liant organique et d'eau, produite par un mollusque à coquille. La formation de la perle résulte de l'activation de cellules productrices de matière coquillère qui se sont déplacées à l'intérieur de la partie molle du coquillage, généralement par accident.
On peut compléter cette définition par quelques précisions : « La concrétion a, en principe, la même composition que la coquille, toutes deux formées par le tissu du manteau de l’animal. Une perle peut être libre ou adhérer à la coquille. Le carbonate de calcium peut exister sous ses deux formes minéralogiques habituelles, l’aragonite ou la calcite."
Le point important sur lequel nous nous sommes entendus, Ken Scarratt et moi-même, c’est qu’il n’y a plus lieu de distinguer les perles faites de nacre des autres perles non nacrées. La distinction n’a qu’un but commercial, qui n’est pas objectif. Du point de vue chimique, les perles nacrées ou non nacrées ont la même composition. Certains lobbyistes de l’industrie perlière ont fini par influer tellement la dialectique perlière qu’on en est venu à des affirmations du style « seule la perle nacrée doit être appelée perle. Les autres doivent être appelées "concrétions calcaires" ». On se voit bien complimenter une femme ayant déboursé 200 000 euros pour son collier de perles roses de lambi en lui disant « Votre collier de concrétions calcaires est merveilleux, chère Madame ».
Le GIA clôt définitivement cette distinction absurde en supprimant la mise entre guillemets du mot perle lorsque l’on parle de perles non nacrées. Dans son numéro de l’hiver 2006, volume XLII, page 265, une note de l’éditeur nous informe qu’une «convention, par le passé, voulait que des guillemets encadrent le mot perle s’il concernait une perle non nacrée. Il a été décidé que cette pratique était désormais abandonnée.»
Enfin on revient à la raison et l’on considère comme perle toute concrétion fabriquée par un mollusque coquillier. Une perle de lambi, une perle de melo, une perle de tridacne, une perle d’huître d’Oléron, une perle de nautile, une perle de Tahiti...oui, elles sont toutes des perles, également fascinantes, qu’elles soient belles ou laides.
Il y a lieu aussi de rendre le lecteur méfiant quant à la terminologie fallacieuse utilisée sur le net, et en particulier sur Ebay, qui s’apparente à de l’escroquerie.
Ainsi, «naturelle perle de culture» est une tromperie. Une perle est soit naturelle, soit de culture. Elle ne peut être les deux à la fois. Une perle naturelle est dite «fine».
Une «perle de culture de couleur Tahiti» est également une appellation fausse. Il s’agit généralement d’une perle d’eau douce teintée artificiellement, et qu’on essaye de vendre pour une perle de Tahiti. La perle de Tahiti telle que produite en Polynésie française est la seule perle de culture qui fasse l’objet d’un contrôle de qualité et d’authenticité par un organisme gouvernemental.
Une «véritable perle d’Espagne, ou espagnole, ou perle de Majorque », est en fait une imitation de perle faite en verre. Encore récemment, nous avons vu, dans la boutique d’un musée de rang international, de telles perles vendues pour d’authentiques perles de culture !
Pour protéger les amoureux de la perle, il serait temps qu’une définition de la perle ainsi qu’une terminologie appropriée soient imposées à la profession.
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Posté par : Philippe ROSIER - Vendredi 11 Avril 2008 à 23h26
Philippe ROSIER
Professeur de Biologie, Maître de Recherche
Unité de Recherche Scientifique OCEANIS
MOOREA POLYNÉSIE FRANÇAISE
oceanis@mail.pf
Bonjour Monsieur BARI,
Voilà enfin un site de vulgarisation en perliculture qui présente une documentation riche, variée et soutenue par une argumentation scientifique. Félicitations.
Espérons qu’il fasse école auprès de nombreux internautes !
Votre exposé sur l’origine épithéliale du "sac perlier" mériterait d’être complété par des informations scientifiques soutenues récemment. Le Programme de Recherche Scientifique OCEANIS (collaboration INRA et Institut PASTEUR) est développé au titre des Conventions de Collaboration Scientifique et de Développement Technique.
Il s’inscrit dans le domaine d’exploration et d’extension des connaissances, à destination du génie cellulaire. Il trouve une application en perliculture.
Les objectifs scientifiques ciblent la caractérisation structurale et fonctionnelle des cellules multipotentes, impliquées dans le renouvellement et la restauration des tissus. Les déterminismes de la multipotence et de la différenciation sont explorés lors de la régénération des tissus d’un implant.
En perliculture (Pinctada margaritifera cumingi), les explorations fondamentales menées en histo-cytologie génétique, ont conduit à émettre des hypothèses nouvelles sur la structure et le fonctionnement des tissus de l’implant.
Caractérisation histo-cytologique : L’origine et les modalités de prolifération de l’implant ont été recherchées dans la structure du tissu épithélial nacrier et dans les conditions environnementales d’implantation. La détermination des types cellulaires constitutifs de l’épithélium nacrier et leur agencement tissulaire ont été explorés par des techniques d’observation microscopique en épi-fluorescence et par traçage immuno-chimique. L’origine du renouvellement cellulaire, in vivo, a été identifiée sous la forme de "pôles de régénération" répartis de manière diffuse au sein des fibroblastes. La typicité de "cellules souches multipotentes" a été définie selon les caractéristiques ultra- structurales.
Potentialités néoblastiques : Des pratiques expérimentales, de stress chimique et mécanique, in vivo, attestent la multipotence des pôles régénératifs. Des techniques d’isolement, de sélection et de prolifération contrôlée en culture, in vitro, confirment l’aptitude cytogène, par le développement d’isolats cellulaires.
Induction cytogène : L’isolement des cellules multipotentes (mCS) est effectué par dissociation chimique et mécanique du tissu épithélial. Les hydrolysats tissulaires sont réalisés par une hydrolyse enzymatique des liaisons inter-membranaires, en milieu tamponné. La centrifugation différentielle permet de séparer la fraction matricielle et les fractions du complexe cellulaire, selon leurs gradients de centrifugation. Après sédimentation et prélèvement sélectif, la fraction de cellules souches multipotentes est identifiée, en microscopie confocale et par cytométrie de flux. En culture, in vitro, sur milieu spécifique sous l’influence d’inducteurs mitogéniques, les cellules multipotentes prolifèrent en un explant 1 de cellules indifférenciées.
Transfert régénératif : L’explant 1, massif cellulaire issu de la culture primaire, subit une fragmentation mécanique. Les fragments de l’explant 1 sont repiqués sur un milieu spécifique 2. Le développement est contrôlé sur une période de sept jours, à partir de laquelle l’explant 2 est prélevé. Une évaluation en microscopie optique est réalisée avant transplantation dans la gonade d’une huître receveuse. Le massif de cellules multipotentes (cellules en cours de différenciation) est prélevé puis, transposé dans le tissu fibreux de la gonade d’une huître receveuse.
Prophylaxie : L’identification de la communauté bactérienne, contaminatrice du greffon, a permis de rechercher des moyens antiseptiques et antibiotiques par les techniques de criblage et titrage. La C.M.I et la C.O.E ont été définies en culture, in vitro, puis vérifiées, in situ, à partir de l’étude de la cinétique de prolifération bactérienne. Deux procédés prophylactiques de traitement, curatif préimplantatoire et préventif post- implantatoire du greffon, sont mis en application expérimentale.
Les applications biotechnologiques sont axées, vers l’optimisation des aptitudes régénératives et la prophylaxie, en vue de la production "d’explants équivalents".
Des pratiques biotechnologiques d’isolement, de sélection et d’induction cellulaire tendent à potentialiser la capacité régénérative d’explants et à optimiser les aptitudes à la bio minéralisation.
In fine, les innovations techniques s’expriment sur l’amélioration de la qualité de production perlière.
Je reste à votre disposition pour d'autres informations
Cordialement
Philippe ROSIER
Posté par : Cochennec-Laureau Nathalie - Mercredi 14 Novembre 2007 à 23h58
Bonjour Mr Bari,
je suis chercheur à l'ifremer de Tahiti et je travaille
sur l'optimisation de la greffe et la qualité des perles de
Pinctada margaritifera.
J'ai été très interessée par votre site et les différents articles
présentés sur la perle.
Ce domaine est passionnant et je travaille moi mm sur les processus de la minéralisation
des perles
je souhaiterais pouvoir commander votre livre sur la perle rose et
celui de MMe Strack (pearls).
Pouvez vous me donner l'adresse et le nom des éditeurs
en vous remerciant
bien cordialement
Nathalie