Diverses formes de perles d'eau douce de ChineNous avons vu le principe de la culture des perles dans les huîtres marines (voir billet du 21 décembre 2007) : un greffon et un noyau. La culture des perles dans les moules d’eau douce en particulier de Chine est tout autre. Bien sûr, on part d’un greffon mais on n’ajoute pas de noyau. On pratique une incision dans la moule receveuse, et on y pousse le greffon, qui mesure environ 2x2 mm. La technicité du greffeur consiste à faire l’incision la plus petite possible, qui va permettre au greffon, une fois placé dans l’incision, d’être entièrement recouvert par la chair du manteau de la moule receveuse. Le processus de formation du sac perlier commence, et la sécrétion de la nacre débute au bout d’un mois environ. La récolte intervient au moins deux années après la greffe. Il est alors possible de récolter des perles jusqu’à 6-8 mm de diamètre, plus rarement au-delà, entièrement faites de nacre ! Cette « pureté » est une supériorité de la perle de culture de Chine qui est évidemment mise en avant dans leur commercialisation. J’ai pu assister récemment à des récoltes expérimentales, dont une perle de forme bouton de très grande qualité, de 16 mm de diamètre, qui a nécessité cinq années de croissance. Récemment, les premières perles rondes chinoises de 18 mm ont été produites. cinq à sept années ont été nécessaires.
Chaque moule chinoise peut supporter 20 implantations de greffon par valve ! Soit potentiellement autour de 40 à 50 perles à récolter. Les fermes chinoises produisent aussi des perles très allongées, appelées improprement « keshi ». Pour les obtenir, les greffeurs enfoncent, dans une incision, de véritables « lanières » de greffon, qui vont donner des perles allongées, parfois de plusieurs centimètres. On peut aussi croiser deux greffons, ce qui donnera une « perle » en forme de croix, digne des plus kitsch souvenirs vendus à Lourdes !
Dans les faits, le résultat est aléatoire. De nombreux accidents peuvent se produire, en particulier, le plus fréquent, celui de l’adhérence de la perle en formation à la coquille de la moule. La perle est alors perdue. Mais sur 40 ou 50 implants, le fermier sait qu’il y aura toujours quelques perles récupérables.
La grande question est comment, sans implantation de noyau, on peut obtenir des perles sphériques ? Le fermier Chinois semble compter sur les lois de la statistique. En effet, sur la quantité de perles produites (4000 tonnes par an !), même avec une probabilité de 1%, cela représente de nombreuses perles sphériques possibles. Beaucoup pensent que les Chinois, en fait, ont des « secrets » de fabrication. Il y a deux principes souvent évoqués. On influencerait sur la sphéricité du sac perlier par l’injection d’un liquide. D’autres disent qu’en fait les perles de Chine sphériques porteraient quand même un noyau fait d’une perle qui aurait au préalable été polie pour en faire en sphère parfaite. Ainsi la présence d’un noyau en perle dans la perle serait quasiment indétectable, même aux rayons X.
Pour ma part, je pense que la rusticité à peine croyable des fermes perlières chinoises fait qu’on peut écarter toute sophistication (injection, implantation de noyau). Cela paraît peu probable. Tout repose sur la tendance naturelle d’une perle en formation d’aller vers la sphéricité, une théorie qui reste à vérifier. Les Chinois comptent ainsi, selon moi, sur la quantité énorme produite pour obtenir un nombre appréciable de perles rondes. Certainement, les nombreux chercheurs chinois qui travaillent sur la perle, ont-ils mis au point des techniques de greffe qui accentuent la probabilité pour un greffon de générer une perle sphérique. La vérité me semble se résumer à cela : quantité et coup de pouce technique sont à mon sens les seules explications crédibles. Cela me permet aussi de rappeler ici à quel point le mystère même de la formation de la perle est encore mal expliqué. Pourquoi une perle est ronde ? Telle est la question, toujours sans réponse !
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Bouddha géant du temple Wat Po, Bangkok.Je
ne vais pas me poser la question des vœux. Faut-il sacrifier à cette
tradition ou pas ? Faut-il les souhaiter là, maintenant, ou attendre le
nouvel an chinois ? ou le nouvel an hindouiste ? Je vais tenter de
mêler le tout et de vous présenter des vœux très perliers, grâce à
Bouddha. J’ai été très séduit par cette célèbre statue du Bouddha
couché, qui mesure 46 mètres de long et 15 mètres de haut à la tête. Il
remplit presque entièrement le sanctuaire qui le recouvre au cœur du
Wat Po, l’un des plus beaux temples de Bangkok. Ce qui est
extraordinaire, dans cette œuvre, c’est la plante des pieds, faite
d’incrustations de nacre. Elles représentent, outre les doigts et leur
empreinte digitale en nacre, les 108 signes qui distinguent le Bouddha
du commun des mortels. Ces signes se déploient sur la voûte plantaire.
Voici donc en guise de vœux quelques images que j’ai prises de cette
extraordinaire œuvre, hymne à la beauté de l’or et de la nacre. Que ces
images illuminent votre parcours 2008.
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